Dans toutes les cultures du monde, l’alimentation est profondément influencée par le cycle des saisons. Bien avant l’ère des supermarchés et de la production alimentaire industrielle, les peuples cuisinaient avec ce que la nature offrait au moment présent. Cette pratique a donné naissance à de riches traditions culinaires saisonnières, qui perdurent encore aujourd’hui et qui constituent un patrimoine immatériel à part entière.
Au Japon, on célèbre le printemps avec les sakura mochi, au Maroc l’automne rime avec les tajines aux coings, tandis qu’en Italie, l’été appelle les salades fraîches, les glaces et les tomates mûres à souhait. Ces habitudes ne relèvent pas seulement de la disponibilité des produits : elles sont aussi liées aux rituels sociaux, aux émotions collectives, à la mémoire familiale.
Chaque saison évoque des plats bien précis, devenus des symboles, souvent indissociables de moments de partage et de plaisir.
1. En Tunisie, l’été a le goût du fricassé et de la bambalouni
La Tunisie ne fait pas exception. Dans ce pays où la culture culinaire est omniprésente, les saisons rythment les cuisines autant que les fêtes. Et l’été, particulièrement chaud et festif, a ses stars incontestées : le fricassé et la bambalouni.
1.1. Le fricassé, le sandwich de l’été tunisien
Le fricassé est un petit pain frit et doré, que l’on ouvre pour le garnir d’ingrédients simples mais savoureux : thon, œuf dur, pommes de terre, olives, harissa. Ce petit bijou culinaire est souvent préparé à l’avance pour les sorties en famille, notamment à la plage. Il se consomme froid, sur le sable chaud, les pieds dans l’eau.
Pratique, nourrissant et aimé de tous les âges, le fricassé est devenu un incontournable des vacances tunisiennes. Il incarne à la fois l’esprit de partage, l’astuce culinaire et la générosité de la cuisine populaire tunisienne.
1.2. La bambalouni, la douceur sucrée des plages
Autre incontournable de l’été tunisien : la bambalouni, ce beignet frit en forme d’anneau, croustillant à l’extérieur, moelleux à l’intérieur, saupoudré de sucre. Elle se déguste chaude, juste sortie de l’huile, souvent sur la plage, achetée à un marchand ambulant ou préparée à la maison pour les enfants.
C’est une tradition gourmande, joyeuse, presque rituelle. Chaque été, la bambalouni marque les souvenirs de vacances de milliers de Tunisiens. Elle fait partie de ces plaisirs simples et irrésistibles, transmis de génération en génération.
